Le Faou et ses maisons à encorbellement L'église classée de Le Faou est remarquable

Le Faou

Le Faou est une petite cité de caractère, dans la rue principale, vous verrez quelques très belles demeures à encorbellement du XVIe siècle. Le Faou doit son riche patrimoine à sa situation exceptionnelle, au fond d’une des nombreuses rias de la rade de Brest. La magnifique église du XVI ème siècle, au fin clocher renaissance est construite face au port. Si vous avez la chance de pouvoir y pénétrer, vous pourrez voir la cuve baptismale du XVI ème siècle, unique en Bretagne par la richesse de sa sculpture.

Port actif de cabotage et de construction navale, ancien relais de poste aux chevaux, station des haras d’Hennebont… Le nom de la cité de Le Faou vient probablement d’un substrat celtique qui a donné le latin Fagus « hêtre » et la forêt du Cranou qui en contient n’est pas loin ! Les années qui suivirent la guerre de 14-18 sonnèrent le déclin de l’activité portuaire avec l’arrivée de l’automobile et le développement des camions. Un chenal permet toujours aux bateaux d’arriver au port

La forêt domaniale du Cranou(650 ha) a été logtemps la pourvoyeuse de bois de l’arsenal de Brest . Elle a été la propriété du roi Louis XIV qui la donna à la Marine de Brest

Les Eaux et Forêts succèdent à cette dernière, en 1829, fournissant le port de Brest jusqu’en 1866. Les appellations changent, la gestion demeure. Depuis 1966, l’O.N.F. remplace les Eaux et Forêts. Intense à la fin du XVIIe siècle, l’exploitation du Cranou répondait à la volonté souveraine d’augmenter sa flotte. La construction navale était rythmée par les conflits.

Chaque hiver, des milliers de pieds-cubes étaient transportés jusqu’à la grève du port du Faou, puis chargés sur des gabares et expédiés à Brest dès que les marées le permettaient.

Rumengol est à deux pas de Le Faou)

Près de Le Faou, Rumengol, haut lieu de pèlerinage, son église du XVI siècle est bâtie sur un sanctuaire élevé par le Roi Gradlon et Saint Guénolé sur les restes d’un autel druidique. Le jour de la Trinité et le 15 août, les pardons sont dédiés à la Vierge, Notre-Dame de Tout Remède (Re­med oll). On peut admirer son clocher à la flèche octogonale hardie et gracieuse, et à l’intérieur des retables du XVII siècle.

Rumengol aurait été un centre religieux où affluaient les Occismii, avant la prédication de la foi chrétienne et avant les émigrations bretonnes. Sous les ombrages mystérieux de la forêt du Crannou, on y aurait célébré, à l’époque du solstice d’été, les pratiques druidiques si bien résumées dans les vers de Lucain : «Vous apaisez par des flots de sang humain Teutatès, l’impitoyable : druides, reprenez vos rites barbares, vos sanglants sacrifices. Les bois profonds sont vos asiles». De ces vers du poète latin le cantique si populaire de N. D. de Rumengol, s’est fait l’écho en disant :

Var ar men ruz e skuillet goad,
Hag er C’hrannou e kreiz ar c’hoat,
A zindan derven Teutatès,
Tud veze lazet eb truez.

Sur la pierre rouge, en tuant sans pitié vous apaisez Teutatès au milieu de la forêt du Crannou

Les premiers missionnaires chrétiens n’auraient donc fait que christianiser un mouvement préexistant, en élevant sur un lieu de superstitions païennes une église dédiée à la Trinité et à la Vierge Marie. La célébration du pardon à l’époque de la Trinité est un indice presque certain de son antiquité.