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Le Domaine de Trévarez Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
trevarez_sud-azalees[1].jpgL'histoire du domaine de Trévarez est marquée par l'empreinte d'un homme : James de Kerjégu. C'est ce riche politicien qui décide il y a un siècle d'édifier le fameux château rose, au flanc des Montagnes noires, en centre-Finistère. Il fait ainsi basculer le vieux domaine de Trévarez constitué dès le Moyen-Age dans la modernité trépidante de la Belle Époque. L'imposante bâtisse est dotée des équipements les plus novateurs (charpente métallique, ascenseurs, électricité, chauffage, décorations Art nouveau…), les écuries sont à la mesure architecturale du château, le parc est un condensé des tendances paysagères du moment. Un luxe qui ne durera qu'un temps… Gravement endommagé lors de la dernière guerre, le Domaine de Trévarez ne renaît qu'à partir des années 1970, sous l'impulsion du Conseil général du Finistère. Actuellement, son château Belle Époque n'est que partiellement ouvert à la visite. Aujourd'hui, les visiteurs profitent de son parc de 85 hectares où les jardins voulus par James de Kerjégu ont pour la plupart été réhabilités ou recréés : le jardin régulier, le jardin d'inspiration italienne et son bassin, le jardin pittoresque animé de cascades… Le parc à l'anglaise a acquis une nouvelle dimension grâce à la constitution de collections végétales qui font la réputation de Trévarez : rhododendrons (référencés "collection nationale" par le Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées), camélias, hortensias, fuchsias… Tout au long de l'année, divers événements animent la vie de Trévarez : fêtes des plantes, expositions artistiques ou thématiques d'envergure.


Aux origines du domaine

trevarez.jpgLes premières traces d'occupation de Trévarez remontent aux Xème et XIème siècles. Un château, aujourd'hui disparu, a vraisemblablement été construit dès cette époque. Dès le XVème siècle, Trévarez est considéré comme l'une des principales seigneuries de la région. C'est à cette époque qu'est édifié le manoir. En 1576, le roi Henri III réunit les seigneuries et baronnies environnantes et crée le marquisat de la Roche qui garantit une certaine autonomie administrative et financière au territoire. Ce marquisat est aboli à la Révolution. Jusqu'à la fin du XIXème siècle et la construction du château actuel le manoir est occupé par les différents propriétaires du domaine.





L'acquisition par la famille

Monjaret de Kerjégu En 1845, le domaine est acheté par François et Louis de Kerjégu. Originaires de Moncontour (22), ces deux frères appartenant à la petite noblesse ont fait fortune dans le négoce maritime. Les deux hommes se partagent une propriété qui couvre alors une superficie de plus de 2 000 hectares. Elle constitue pour eux le moyen d'asseoir leur ambition politique et d'œuvrer au développement de l'agriculture dans la région.



Trévarez,l'œuvre de James de Kerjégu


trevarez_construction.jpgJames de Kerjégu, le fils de François, hérite de la partie ouest de Trévarez à la mort de ses parents. C'est lui qui fait construire le château et organise le domaine à partir de la fin du 19ème. James de Kerjégu naît à Trévarez le 27 février 1846. Tout d'abord diplomate, il quitte la carrière en 1878 pour se consacrer à la politique et à Trévarez, se partageant entre la Bretagne et Paris. Il est successivement élu conseiller général du canton de Scaër (1882), député de l'arrondissement de Quimperlé (1889) et président du Conseil général du Finistère (1895). Fonctions qu'il occupera jusqu'à sa mort. En 1883, James se marie avec Laure de Haber, fille d'un riche banquier autrichien et veuve d'Octave de Béhague, avec qui elle a eu deux filles.. L'idée de construire le château de Trévarez grandit chez James. Outre un symbole de son statut social, le château sera aussi un cadeau fait à sa fille.
 
La construction du château

James de Kerjégu fait appel à Hippolyte Destailleurs. Architecte en vogue, disciple de Viollet Le Duc, Destailleurs dessine un château de style néo-gothique caractéristique de la fin du XIXème siècle. La construction du château se déroule entre 1893 et 1907, sous la conduite de Walter-André Destailleurs, qui succède à son père décédé. Parallèlement, les écuries sont construites, alors que des paysagistes s'attachent à aménager le parc. Le grand salon

Le modernisme et le luxe de la Belle Époque

trevarez_achat_cg.jpgLe château de Trévarez est à la pointe du modernisme de la fin du XIXème siècle. James de Kerjégu était à l'écoute des évolutions de son temps (les progrès techniques et industriels, l'Exposition Universelle de 1900…). Toutes les avancées les plus récentes équipaient le château : structure métallique de type Eiffel de la charpente, électricité, chauffage central par canalisations d'eau chaude, téléphone, ascenseurs Roux-Combaluzier… Les propriétaires comme leurs invités et, dans une large mesure, le personnel, bénéficiaient du confort le plus moderne (eau chaude, sanitaires, salles de bain avec, dans certaines, des armoires chauffantes pour les serviettes…). Ce luxe et ce confort – hélas pratiquement disparus aujourd'hui - se retrouvaient dans l'ameublement et la décoration du grand salon, de la salle à manger, de la bibliothèque, du fumoir, des appartements des propriétaires, de style Art Nouveau, et des chambres des invités de marque. Mais James de Kerjégu ne profite pas de son œuvre : il décède en 1908. Désormais, c'est sa fille Françoise qui occupera le château à la belle saison, en compagnie du marquis Henri de la Ferronnays, originaire de Saint Mars la Jaille, qu'elle a épousé en 1906. Le château pendant l'occupation allemande de la deuxième guerre mondiale
 
Le tournant de la guerre

trevarez_guerre.jpgLa seconde guerre mondiale marque une rupture dramatique dans l'histoire de Trévarez En 1940, le château est réquisitionné par l'armée allemande. La Kriegsmarine y envoie au repos les équipages de ses sous-marins. Des sous-mariniers japonais l'occupent également, au terme de rares missions entre l'Asie et l'Europe. Le 30 juillet 1944, le château est bombardé par la Royal Air Force. Le toit et l'aile ouest sont gravement endommagés, le rendant inhabitable.








L'achat par le Conseil général du Finistère


trevarez_modernisme.jpgFrançoise disparaît en 1958, sans descendance. Le château revient à ses neveux les de Ganay pour qui Trévarez est un héritage trop lourd à assumer, ils récupèrent néanmoins une partie importante du mobilier. Dès lors, Trévarez tombe lentement à l'abandon, à la merci des intempéries, puis victime, hélas, du vandalisme… En 1968, le Conseil général du Finistère achète Trévarez et entreprend peu à peu la réhabilitation du lieu, ouvert au public à partir de 1971. Les allées défrichées, le parc de 85 hectares est ensuite enrichi des collections de plantes de terre de bruyère, les écuries sont réaménagées en espaces d'exposition, la toiture du château est refaite en 1993. Trévarez doit aussi affronter de nouvelles épreuves : la mérule ravage les boiseries intérieures du château, le parc est sévèrement frappé par l'ouragan de 1987… À partir du début des années 1980, Trévarez développe un programme d'animations (festivals de fleurs, expositions artistiques…) qui, associé à la richesse botanique de son parc, fait du Domaine départemental un site touristique et culturel majeur de Bretagne. En 2004, l'octroi du label "Patrimoine du XXème siècle" souligne l'intérêt architectural de l'ensemble château-écuries.
 




 
 
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